Dresser c'est éduquer. Faites preuve de psychologie, de bon sens et d'empathie !

 

Le dressage d'un cheval demande technique et savoir faire. Toutefois, approfondir ses connaissances en matière de psychologie équine est à portée de tous, et c'est même le devoir de chaque cavalier que d'apprendre à connaître sa monture en dehors du contexte "équitation".

 

Lorsqu’on aborde un cheval, il est nécessaire de s’intéresser à sa nature profonde, comment un cheval fonctionne, qu’est-ce qui le motive, comment réagit-il.

 

 

Tout d'abord, le cheval est un animal grégaire, qui se sent en sécurité lorsqu'il est en groupe. Il a donc un besoin vital d'avoir des contacts sociaux. Veiller donc à lui octroyer suffisemment de temps avec ses congénaire, c'est un gage d'équilibre psychique et physique. Faites vous apprécier en tant qu'ami et non comme une contrainte. Le cheval doit avoir du plaisir à être en votre compagnie autant que vous apprécier la sienne.

C'est un animal de fuite, devant un danger il préférera partir plutôt qu'affronter ce qui lui fait peur. A vous de constuire une relation assez solide pour qu'il vous fasse confiance, apprenne à analyser une situation et à réfléchir plutôt que fuir.

 

Le cheval a des rélexes d'opposition très marqué. Il faut lui apprendre à céder à la pression et relacher de suite celle-ci. Le cheval apprend au moment ou la pression cesse. Il est important de ne pas rester sur le même exercice trop longtemps. Ses capacités d'attention et d'apprentissage sont excellentes pour autant que la sollicitation est courte. Il a une excellente mémoire et n'oublie rien, le meilleur comme le pire ! Ne soyez donc jamais injuste envers lui et mettez pied à terre si vous sentez la colère et la frustration monter... elles sont très mauvaises conseillères !

 

Lorsqu'un tout nouveau exercice est compris pour la 1ère fois, passez à autre chose, n'essayez pas de parfaire cela aurait un effet contre productif. Vous reviendrez dessus à la prochaine leçon.

 

Ayez toujours à l'esprit ce principe du Capitaine Beudant (1863-1949): :

 

"Demander souvent; se contenter de peu; récompenser beaucoup"

Notions de dressage raisonné

« Mains sans jambe, jambes sans main »

N’opposer pas de résistance à la mise en avant ! Réceptionnez avec tact l'impulsion dans une main douce et moelleuse.


Conserver la sensibilité du cheval et ne le blaser pas, ni à la main, ni aux jambes, sachez vous faire discret et léger !

 

Apprenez à céder avant lui et rendez lui le contact avec le mors agréable.

 

Soyez délicat dans sa bouche, souple dans les poignets, mobile dans vos doigts.


Pensez à toujours aller vers l’avant et non vers l’arrière avec vos mains !

 

Ne provoquez pas d’accoups désagréable et douloureux pour le cheval. Les mains commencent aux épaules et les jambes aux hanches !

 

 

 

Ne soyez pas autoritaire mais juste, considérez votre cheval comme un être sensible qui a le droit d’avoir des jours avec et des jours sans.

 

Donnez-lui la possibilité de s’exprimer, ne soyez pas tout le temps en train de lui dire « non », soyez à son écoute, favorisez une communication réciproque. Observez le, écoutez le.

 

Laissez lui le droit de se tromper, récompensez souvent, relevez les efforts fournis, partagez avec lui des moments agréables en dehors du travail, sachez arrêter au bon moment, variez les activités !


Ne soyez pas avare de caresse, aucun cheval n’est insensible à la gentillesse.

 

Faites en sorte que votre cheval vous obéisse par plaisir (= renforcement positif) et non en augmentant la pression /punition (= renforcement négatif).


Faites-vous le plus léger possible. Lorsqu’une demande n’est pas exécutée, posez-vous toujours la question

« ai-je été assez clair ? Ne suis-je pas contradictoire dans mes demandes ? ». Recommencer dans le calme.

 

 

 

Ne vous laissez jamais emporter par la colère, encouragez le et encadrez le de votre bienveillance.

 

Soyez la personne qui rassure quand il prend peur plutôt que celle qui punit, ainsi vous instaurerez la confiance, le respect et la sécurité.

 

Ne le trahissez jamais, comme on ne trahi pas un ami, ne faites pas d’abus de pouvoir, ne gâchez pas ce qu’il vous donne de bon cœur par égo.

 

Cesser de croire que pour dresser un cheval vous devez vous en faire craindre. Par la force, le cheval se rendra, mais jamais ne se livrera. Seul l'amour est capable de sublimer l'art équestre. Sans amour, on passe à coté de l'harmonie, de la beauté.

 

 

 

Vous exigez de votre cheval le respect ce qui est bien légitime. Et vous ?

Respectez vous votre cheval ? Faites le test en répondant par OUI ou NON

 

  • Il a la possibilité d’avoir des contacts sociaux et des moments de liberté avec les siens
  • il va au travail avec plaisir ou tout au moins sans déplaisir
  • il n’est pas angoissé ni stressé
  • il se sent en sécurité
  • il est écouté, donc pas entravé (prudence avec les enrênements !)
  • Il a le droit de s’exprimer sans être puni
  • Il n’est pas surmené ni abusé
  • le travail correctement exécuté est reconnu et récompensé (pause, caresse, récompense, un petit mot !)
  • on se montre aussi délicat avec lui qu’on aimerait qu’on le soit avec nous !
  • on lui explique clairement et calmement ce qu’on attend de lui
  • on lui donne le temps de comprendre dans le calme et toujours avec douceur
  • on favorise la coopération plutôt que la soumission
  • on lui propose des activités variées en dehors du travail !
  • les pauses sont régulières pendant les séances de travail (rênes longues)

    Sachez que plus vous aurez de OUI, plus votre cheval aura du plaisir à être en votre compagnie et plus votre travail sera récompensé !

 

 

 

Cheval-Nature, Respect du Cheval et Thérapies Naturelles

© Tous droits réservés - textes et photos (sauf spécifiés) - Roxane Jaccard 2006

 

 

Réflexions et quelques citations de Grand Maîtres

 

En dressage on veut toujours aller trop vite.


Pour arriver promptement, ne pas se presser,
mais assurer solidement chacun de ses pas.


Demander souvent; se contenter de peu; récompenser beaucoup.


La leçon doit être, pour le cheval comme pour le cavalier,
un exercice salutaire, un jeu instructif qui n'amène jamais la fatigue.


Dès que la sueur apparaît, c'est que l'homme a dépassé la mesure.

Baucher

 

 

“Je n'ai jamais vu que l'on puisse obtenir quoi que ce soit de la compréhension du cheval par la force.

 

C'est pourquoi telle est la leçon à tirer de mon enseignement : l'exercer avec douceur, peu à la fois mais souvent.”

Pluvinel

 

 

"Le fait d'avoir une multitude d'artifices pour canaliser le cheval ne permet plus de l'entendre. On ne peut pas écouter un cheval qu’on fait taire"

 

 

"Moins on en fait, mieux on fait"

Général d'Aure

 

 

La colère

Le cheval est un miroir qui nous met face à nos faiblesses, nos insuffisances et fais remonter en nous nos conflits non résolus les plus profonds.

 

La violence est l’arme des faibles. Ce comportement néfaste découlent d'une incapacité à contrôler nos propres émotions : un animal révèle votre impuissance et vous signifie son désaccord alors que vous êtes sensé être le maître!

 

Tant que vous éprouverez ce sentiment sachez que vous aurez encore beaucoup de chemin à faire... avec les chevaux et dans la vie.

 

 

"C’est seulement en laissant les chevaux libres et non en les tenant que la réussite est obtenue".

Beudant

 

 

"Trop de cavaliers préfèrent attribuer une exécution incorrecte au mauvais vouloir du cheval, plutôt que de reconnaître l’imprécision de leur demande".


"Savoir prendre et savoir rendre, savoir résister et savoir céder, qualités de première importance".

Colonel Jousseaume

 

 

"Ayez les fesses lourdes et le dos léger, pas le contraire".


"Arrangez-vous pour éviter la lutte".


"L’art n’est pas de la compétition. L’art c’est l’amour".


"L’avant-main et l’arrière-main du cheval sont les deux plateaux d’une balance et le buste du cavalier en est le fléau".


"Avec un cavalier qui possède tact et sensibilité, le cheval ne se fatigue pas, car il n’excède pas ses possibilités".


"Ce n’est pas par la crainte qu’on dresse un cheval".

 

"Il faut avoir une main immobile avec des doigts mobiles".

 

"Entre soutenir et tirer, il y a un monde... La rêne intérieure incurve, ploie; la rêne extérieure enveloppe, assoit... Il y a le tact de la main, le tact des jambes, le tact de l'assiette et le tact de la tête... ".

 

Nuno Oliveira