|

Article de Jean-Claude Barrey, éthologue. Unité
de recherche en méthodologie et biologie du comportement
animal et humain.
Soyons clairs...
POUR LA SAUVEGARDE DES CAVALIERS
ET DES CHEVAUX...
POUR LA SAUVEGARDE DE L'ÉQUITATION...
Les éthologues de notre station de recherche, saturés
par le battage médiatique autour d'une pseudo éthologie
et inquiétés par l'adhésion de la Fédération
Française d'Equitation (F F. et de nombreux cavaliers
à cet endoctrinement, se mobilisent pour remettre les
choses au point.
Notre vocation première est de faire de la recherche
et de la diffuser et non de rentrer dans des polémiques
couvrant des intérêts commerciaux certains, mais
alors que la Fédération Française d'Equitation
officialise ces pratiques, trop c'est trop, et nous ne pouvons
plus laisser dire et faire n'importe quoi sans réagir.
Tout d'abord, le discours et les pratiques des chuchoteurs
(nouveaux maîtres) ne sont en aucun cas de l'éthologie.
L'éthologie est la biologie comparée du comportement
animal. C'est une science qui demande des connaissances approfondies
en biologie animale, en génétique, en neurophysiologie.
De plus on ne peut pas faire de l'éthologie sur une
seule espèce: on ne comprendra rien au comportement
d'un cheval ou de tout autre animal, si on n'a pas déjà
une connaissance en éthologie fondamentale et sur l'évolution
des comportements liée à l'évolution
du vivant.
On ne peut comprendre les oiseaux que si on sait comment
fonctionnent les poissons et les reptiles; pour comprendre
les mammifères, il faut savoir comment fonctionnent
les reptiles et les oiseaux...
De plus, l'expression "équitation éthologique"
ne veut rien dire: l'éthologie
est une science d'observation, pas d'intervention sur l'animal.
Si encore leur pseudo--éthologie était sérieuse...
mais ils propagent les erreurs lès plus extravagantes
avec un aplomb extraordinaire!
En voici quelques exemples (hélas) non exhaustifs..
- Tous insistent sur le modèle prédateur/proie
du rapport homme/cheval.
Heureusement, la vie d'un cheval, même dans la nature,
ne consiste pas à être une proie permanente
et les "programmes anti-prédateurs" de
fuite ou de défense n'ont pas l'occasion de fonctionner
très souvent. Pour ce qui est du prédateur,
nous voyons ces manipulateurs à peu près en
permanence dans des attitudes de primate chasseur, poursuivant
le cheval en agitant un bâton à l'extrémité
duquel est noué un morceau de bâche en plastique
noir, piétiner, et autres grimaces que nous connaissons
bien en primatologie dans les confrontations entre mâles.
Le bâton lui-même est un morceau de tube métallique
laqué blanc, coiffé d'un bouchon en caoutchouc
à chaque extrémité, sous le nom de
"Carot stick", le bâton carotte, parce qu'il
s'en sert parfois pour caresser le cheval. En bref, ils
ont réinventé la cravache de dressage...
Notons enfin que "prédateur" n'est pas
non plus un statut, mais une activité vitale, la
prédation, obligatoire pour les carnivores, et facultative
pour les omnivores comme l'homme (chasseur-cueilleur). Celui-ci
peut très bien adopter un comportement "cueilleur"
et s'insérer dans la vie sociale du cheval qu'il
faut bien entendu connaître, et non interpréter,
ce qui n'est pas le cas général.
- Tous prêtent au cheval une organisation sociale
de type
humain, et parlent de "chef", de "dominant
qui dirige", de
"leader ou de jument qui conduit la harde', et autres
fantaisies de livres pour enfants...
- Ils ignorent que la structure sociale des
chevaux est une structure de petit harem en réseau
(c'est-à-dire où tout le monde surveille tout
le monde) d'une dizaine d'individus, poulains compris, où
chacun garde son autonomie et son indépendance, et
non une structure pyramidale avec un chef (où tout
le monde surveille un individu: le chef).
Il n'y a pas de chef chez les chevaux (rappelons qu'un chef
est celui qui organise l'activité des autres,
un dominant est celui qui est prioritaire dans l'accès
aux biens de consommation, et un leader, celui dont l'activité
paraît intéressante aux autres qui ont, pour
cette raison, tendance à l'imiter sans qu'il y soit
pour rien).
Les règles à respecter sont de ne pas s'écarter
du groupe (l'étalon étant chargé de ramener
les égarés par le herding, qui est une activité
de sécurité et non une activité de chef),
de respecter l'espace personnel et la priorité d'accès
aux biens de consommation de ceux qui sont au-dessus dans
la hiérarchie de dominance et de faire respecter les
prérogatives correspondant à son propre rang
par ceux qui sont en dessous. Donc, dans le groupe, personne
ne dirige personne; cela n'empêche pas un fonctionnement
cohérent du groupe basé sur l'imitation sociale,
l'aspiration sociale, la phobie de s'écarter et le
respect de dominance, qui entraîne une auto-organisation
permanente sans avoir besoin de "diriger".
- Ils ignorent qu'il existe différents types d'agressivité
et pas seulement celle du prédateur (qu'eux même
utilisent en permanence sous l'appellation "méthode
douce"):
Outre l'agressivité de prédation il y a aussi
l'agressivité défensive, l'agressivité
de compétition sociale et l'agressivité de
dérivation d'angoisse ou d'irritabilité. Elles
ont des fonctions fort différentes et n'ont en commun
que de mobiliser l'axe H.H.A.2 que l'on appelle souvent
"l'axe du mal" parce que cette mobilisation trop
longue, trop violente ou trop souvent répétée
est à l'origine de nombreuses pathologies.
- Ils ignorent que la "soumission" obtenue par
les méthodes du type "join-up" est en fait
une aliénation pathologique connue sous le nom de
syndrome de Kliiver-Bucy:
Cette pathologie est provoquée par les mises en fuite
et les blocages répétés du "join-up"
et des pratiques assimilées. Ces inhibitions de l'action
cohérente du cheval entraînent une très
forte activation de l'axe H.H.A. qui aboutit à "shooter
"l'animal par ses propres endorphines et entraînent
des lésions des noyaux
arnygdaliens latéraux du cerveau limbique (le cerveau
des émotions) par la libération de radicaux
libres provenant de mécanismes oxydatifs exagérés.
Les animaux ainsi traités manifestent une soumission
extraordinaire. Ceux qui étaient sauvages et avaient
peur de l'homme se sont apprivoisés et n'ont montré
ni peur ni agressivité.
- Ils ignorent que le niveau de développement du
cerveau du cheval, pratiquement dépourvu de cellules
au niveau du né cortex associatif, ne lui permet
pas de "comprendre" au sens humain du mot.
Le cheval n'atteint pas le niveau de la "décentration"
qui permet à l'homme de se voir et de se mettre à
la place de l'autre. Il reste à un niveau égocentrique
et sensorimoteur : il perçoit des sensations et il
y répond en fonction des programmes propres à
l'espèce, de son tempérament, de son vécu
et de ses émotions. "
' H H.A.= Hypothalamus/ hypophyse /Adreno-cortical KLUVER-BUCY,
voir définition en annexe
Comprendre "n'existe pas dans le cerveau d'un cheval:
il ressent et réagit, puis apprend en fonction du résultat
de son action qui active soit le circuit de la récompense
(M.F.B.), soit le circuit de la punition (P.V.S.). Les centres
de décision de l'action restent,
chez le cheval, à l'étage émotif du cerveau
puisqu'il ne possède pas l'étage logique dont
l'homme dispose.
- ils ignorent que tout débourrage rapide
fait nécessairement appel à l'inhibition conditionnée,
qui mobilise le système PVS et l'axe H.H.A. dont
nous avons parlé pour la 'soumission':
Le cheval "shooté" aux endorphines se laisse
évidemment monter... et la méthode paraît
douce, car il n'y a pas de violence apparente. Toutes les
pratiques qui visent à immobiliser rapidement le
cheval rentrent dans cette catégorie et certaines
basculent franchement du coté de la maltraitante.
Les méthodes réellement douces font appel
à "l'habituation" qui est un mécanisme
physiologique de désensibilisation sensorielle progressive
et non de blocage moteur. Elle a l'inconvénient d'être
lente, (au minimum quinze jours à trois semaines)
car elle repose sur un grand nombre de répétitions
des stimuli avec une intensité faible au départ,
puis progressivement croissante.
- Ils ignorent qu'un cheval adulte ne joue plus et que
les "jeux" pratiqués ne le sont que pour
l'homme...
La fonction du jeu, uniquement chez les jeunes, est de roder
les programmes d'actions qui seront utiles plus tard chez
l'adulte. Chez celui-ci, les programmes "ouverts"
du jeu se referment et les comportements qui ressemblent
tellement à du jeu ne sont plus que des fonctions
d'évacuation des tensions.
- Ils ignorent que les agressions et les blocages répétés
qu'ils font subir en permanence à leur cheval provoquent
obligatoirement à plus ou moins long terme des séquelles
variées.
Nous avons filmé une jument prise de coliques pendant
les manipulations effectuées comme "démonstration"
par un inter-venant connu et apprécié du public.
Voici quelques séquelles
° M.F. B. = Medial forebrain bundle = faisceau du cerveau
antérieur
(Ce faisceau de la récompense relie hypothalamus,
système limbique et cortex)
' P.V.S. = Peri ventricular system = système péri
ventriculaire
(Ce circuit de la punition relie aussi, mais par des relais
différents les trois étages du cerveau)
possibles liées au stress de l'inhibition de l'action,
relevées dans diverses publications scientifiques:
• Diminution du flux sanguin dans des zones du cerveau
participant à la motivation et à la décision.
• La corticostérone produite entraîne des
morts cellulaires dans l'hippocampe, partie du cerveau impliquée
dans la mémoire et l'apprentissage.
• L'accoutumance aux endorphines produites entrave la
prolifé-
ration des cellules granulaires du même hippocampe.
• Troubles de l'attention, de l'anticipation et de la
prise de
décision.
Troubles du sommeil.
- Syndrome de résignation, syndrome de Klüver-Bucy
(1937).
- Ulcération gastrique, fréquente chez les trotteurs.
- Micro-hémorragies intestinales se traduisant par
des coliques.
- Tics variés (tic aérophagique, tic à
l'ours, hyperkinésie).
- Baisse importante des défenses immunitaires (hypersensibilité
aux maladies banales, au parasitisme, etc...) - Etc...
- Ils ignorent que la vision n'est pas le sens de référence
du cheval, mais que c'est toujours à l'olfaction
que le cheval se réfère en dernier ressort.
La position latérale des yeux lui donne une vision
panoramique étendue, mais pas de vision binoculaire
donnant la vision du relief. Il ne possède pas de
fovéa sur laquelle l'oeil humain centre les images
à l'aide des muscles oculomoteurs. Ses cellules ganglionnaires
sensibles sont concentrées sur une étroite
ligne naso-temporaie, et le sens du relief est provoqué
par le déplacement de l'image le long de cette ligne,
d'oeil restant relativement fixe. Pour percevoir le relief
il faut donc que l'objet soit en mouvement par rapport au
cheval ou que lui-même se déplace par rapport
à l'objet. Cela est particulièrement important
pour la perception du relief d'un obstacle et l'on voit
bien que, dans un saut de pied ferme, soit-il saute avec
une très grande marge de sécurité,
soit-il passe carrément à travers. D'autres
caractères, comme la forme non sphérique de
la cornée et un nombre d'aires visuelles dans le
cerveau plus réduit que nous, le spécialise
dans la détection très fine du moindre mouvement.
Mais, par ailleurs; il essayera toujours de vérifier
ce qu'il a vu en allant sentir, l'olfaction restant son
sens de référence. L'audition, elle, par la
position des oreilles, indique vers quoi le cheval porte
son attention, et les deux oreilles tournées vers
l'arrière, mais non plaquées, indiquent qu'il
porte son attention vers ses sensations corporelles, par
exemple lorsque nous utilisons une action des aides.
- Ils ignorent que faire faire demi-tour à un cheval
sur la piste, tête vers l'extérieur, en lui
barrant le passage, constitue une agression caractérisée
(un chien de chasse fait ainsi changer de direction l'animal
qu'il poursuit) provoquant fuite et stress.
De récents enregistrements au cardio-fréquencemètre
effectués dans notre station sur le changement de
main par aspiration vers l'intérieur et par barrage
et demi-tour par l'extérieur, ont montré que
la première méthode, pour un cheval donné,
maintenait le rythme cardiaque aux environs de 130 pulsations
et entraînait même une baisse de plusieurs points
pendant le mouvement. Au contraire, la seconde méthode
entraîne un pic brutal de fréquence qui monte
aux environs de 200 pulsations. Il en est de même
pour les pratiques du genre join-up qui entraîne,
non plus un pic, mais un large palier durable à cette
fréquence très élevée.
CONCLUSION
Nous arrêterons là cette énumération,
car on pourrait écrire un livre entier avec ce qu'ils
ignorent et enseignent néanmoins avec aplomb, sans
aucune qualification ou avec des diplômes auto-créés
au dépend de ceux qui ont passé du temps à
obtenir un B.E. (brevet d'état)
L'analyse éthologique des écrits, des discours
et des pratiques sur le terrain de chacun d'eux qui a été
entreprise par notre station de recherche fait ressortir que:
Tous sont des manipulateurs efficaces de chevaux (et pas seulement
de chevaux!), se préoccupant peu du bien fondé
de leur discours ou de leur pratique du moment qu'ils
obtiennent des résultats rapides et, de préférence
spectaculaires, ce que Georges Charpak appelle "l'effet
Barnum".
Ils utilisent des méthodes qui n'ont rien de nouveau
puisqu'elles sont utilisées depuis des décennies
dans le dressage des chevaux de cirque que nous avons étudié
dès les années soixante. Elles sont basées
sur des conditionnements de type S et sur des inhibitions
conditionnées qui ont pour résultat de "robotiser"
le cheval, ce qui est utile pour le spectacle, mais mène
à une impasse en ce qui concerne l'équitation
classique. Weurs écrits et leurs discours, particulièrement
adroits, sont très plaisants et correspondent très
bien au discours que les cavaliers, déçus de
la pédagogie actuel-le, sont heureux d'entendre.
Les mots respect, confiance,
accord du cheval, etc, reviennent sans cesse
alors qu'il faudrait parler d'aliénation.
Car, malheureusement, leur pratique ne correspond jamais au
discours qui l'accompagne. Cette pratique est d'autant
plus dangereuse que la violence qu'elle utilise n'est pas
une violence visible de l'extérieur.
Elle s'apparente plutôt à ce qu'on connaît
chez l'homme sous le nom de "lavage de cerveau".
Nous avons vu et enregistré un cheval faire une colique
et un autre s'arrêter en sueur, la verge pendante, ce
qui signe un taux élevé d'endorphine dans le
sang.
Les méthodes classiques de débourrage avec travail
à la longe suivi de travail aux longues rênes,
avant tout travail monté, exécuté en
prenant du temps (en moyenne un mois), et le travail monté
correctement pratiqué selon les principes de l'Ecole
Française sont certainement plus douces.
Il est certain que la pédagogie et la pratique dans
l'Ecole Française nécessiteraient un dépoussiérage
utilisant les connaissances récentes en éthologie
scientifique, en neurophysiologie (isopraxie, neurones miroirs...),
en biomécanique, etc. si nous souhaitons que l'objectif,
dans notre pays, ne s'oriente pas uniquement vers une équitation
de tout terrain, sans selle et sans embouchure, ... et avec
un grand chapeau!
N. MIKLAS & J.-C. BARREY
Adresse: Station de recherche pluridisciplinaire des Metz
F-89520 SAINT-SAUVEUR en PUISAYE (Yonne) E-mail: srplesmetz@aol.com
Nadège MIKLAS:
Doctorat en Biologie du comportement à Paris Xlh.
Jean-Claude BARREY:
Éthologue, Directeur de la Station de Recherche, chargé
de cours en éthologie pour la formation continue en
T.A.C. à Paris intervenant pendant cinq années
consécutives en éthologie équine à
l'ENE pour la formation des élèves instructeurs,
intervenant dans plusieurs circonscriptions des Haras Nationaux
et dans des établissements d'enseignement aux métiers
du cheval, ancien cavalier de dressage de 2ème catégorie,
juge de dressage, membre du C.F.J.D.
Syndrome de KWVER & BUCO
(1937) :
KLÙVER & BUCY s'aperçoivent que des animaux
sauvages et ayant peur de l'homme chez qui on a procédé
à une ablation plus ou moins étendue de la zone
amygdalienne temporale n'ont plus montré par la suite
aucune peur. Ils se sont apprivoisés et ont manifesté
une soumission parfaite. Ils ont présenté en
outre des tendances orales très fortes et parfois une
typersexualité.
Il se trouve que le stress provoqué par de mauvaises
manipulations provoque un brusque afflux de radicaux libres
intracellulaires justement dans cette région amygdalienne,
y provoquant des dégâts plus ou moins irréversibles.
Extrait du dictionnaire des termes techniques de médecine:
Ensemble de troubles observés après une lobectomie
temporale et au cours de certaines atrophies du cortex cérébral.
Il comprend une tendance à porter tous les objets à
la bouche, une apathie avec diminution des réactions
émotionnelles, du pouvoir de concentration et de l'inhibition
sexuelle.

"Avec les chevaux, de la douceur est-ce que cela en
vaut la peine? ... Oui toujours!"
N. Oliveira

Roxane Jaccard - Tous droits réservés
- 2006
|
Nuno Oliveira - un des plus grands maître de l'histoire
de l'équitation
"Après trente ans sur le dos d'innombrables
chevaux, je demande aux cavaliers qui me lisent et qui dressent
leurs chevaux de regarder leur monture lorsqu'ils mettent
pied-à-terre après une séance de travail,
de contempler son oeil et de faire un examen de conscience
pour se demander s'ils ont bien agi envers cet extraordinaire
être vivant, ce compagnon adorable: le cheval.
On a tendance, de nos jours, à oublier que l'équitation
est un art. Or, l'art n'existe pas sans amour.
Mais celui qui n'a pas la discipline nécessaire et
qui ne possède pas la technique ne peut prétendre
à l'art. L'art, c'est
la sublimation de la technique par l'amour.
L'amour, afin qu'après la mort du cheval, vous ayez
gardé en votre coeur le souvenir de cette entente,
de ces sensations qui ont quand même élevé
votre esprit au-dessus des misères d'une vie humaine."
- "Il y a deux choses en équitation : la technique
et l'âme."
- "L'art équestre commence par la perfection
des choses simples"
"Faites du cheval un compagnon et non un esclave, vous
verrez quel ami extraordinaire il est."
Compte rendu de Marianne suite à
la conférence de M. J.-C. Barrey
|