Stage avec Marthe Kiley-Worthington des 27 et 28 mai 06

Compte rendu

 

Apprentissage - suite

Marthe utilise principalement la voix et des mots pour éduquer et dresser ses chevaux. Elle fait donc appel à l'intelligence du cheval et a sa capacité d'associer des mots à des actions.

 

Outre les mots employés, la voix est un outil précieux et puissant : elle peut être utilisée autant pour calmer, guider et rassurer un cheval que pour le gronder ou l’impressionner. La voix est une aide précieuse mais elle a aussi l'inconvénient d'exprimer l'état émotionnel du moment. Il est donc impératif lorsqu'on utilise sa voix d'être maitre de ses propores émotions sous peine de les transmettre à son cheval ! Il faut donc apprendre à l’employer à bon escient, sur un ton neutre et serein sous peine d'être décodé par le cheval et lui laisser entrevoir le doute, la peur, le manque d'assurance, l'insécurité, ou la colère. Le ton de la voix doit être cohérent avec notre gestuelle et en accord avec notre propre paix intérieure.

 

Marthe éduque ses chevaux à voix, par la compréhension d'un vocabulaire. Tous les chevaux peuvent facilement apprendre et comprendre la signification d'un certain nombre de mots, la simplicité et la constance étant de mise !

 

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Marthe encourage à faire preuve d’anthropomorphisme conditionnée pour vous aider à desamorcer des situations difficiles « comment aurai-je réagi, moi, face à telle situation ».

 

 

L'anthropomorphisme -

c’est reconnaître les similitudes entre l’espèce animale et l’humaine. On reconnaît que le cheval et l'homme sont des mammifères et ont donc des points communs ( besoins sociaux, physiques, intellectuels et émotionnels). Le premier pas lorsqu’on essaye de comprendre les comportement d’autrui est d’en accepter les similitudes, d’où l’anthropomorphisme. Toutefois, les équins et les humains ont tout de même des différences, les chevaux ne sont pas des êtres humains, d’où le terme « conditionné».

 

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L’éducation et le dressage des chevaux en passant par le renforcement positif est bien plus efficace et rapide que par la sanction et le renforcement négatif. Le cheval prend plaisir à travailler de cette façon là, il est attentif et apprend vite.

 

Selon Marthe, les clés du succès pour travailler avec les chevaux sont :

 

S Simplicité - êre simple, que ce soit en geste ou en parole
T Temps - laisser du TEMPS au cheval pour comprendre, il y en a des rapides, d’autres lent, il faut respecter la capacité de compréhension de chacun et s’adapter de cas en cas, on ne demande donc pas plus fort !
A Attention .- Il faut que le cheval soit attentif à nous, comme nous à lui !
R Renforcement positif - l'apprentissage est plus rapide avec une récompense !
C Constance - patience et constance sont clées de succès
A Avancer- différencier les exercices
P Parler - utiliser la voix, bien sûre, la plus douce de toutes les aides !

 

A cela s’ajoute 3 clés fondamentales pour le cavalier : l’équilibre, le rythme et la relaxation.

 

Le cavalier doit savoir à tout moment où se trouvent les 4 pieds du cheval pour savoir quand agir et à bon escient. Il doit connaître le rythme des allures et s’adapter en conséquence et doit être en équilibre pour ne pas perturber le cheval dans son travail. Enfin, il doit être assez relaxé pour ne pas faire subir au cheval ses propres crispations et tensions.

 

Avec ces 3 clés, le cheval est capable de vous donner tout ce que vous attendrez de lui. Alors avant de « pester » contre votre cheval, assurez vous donc d’être en phase avec ces principes !

 

Gestion de la peur chez le cheval

Une sanction du cavalier à ce moment là entraine automatiquement un renforcement négatif dans la peur. Il ne faut donc JAMAIS punir un cheval qui a peur mais procéder par étape d'accoutumance et apprentissage progressif.

 

Starsky a une peur bleue des cochons. Sa propriétaire nous explique qu'il a également eu une expérience négative et douloureuse en présence de cochons... son cavalier voulant absolument le faire passer par la force, mêlant colère, frustration et cravache... sa peur a donc été renforcée.

 

Est-ce vraiment la peur des cochons ou l'association de la violence qui lui fait le plus peur ? L'habituation progressive, en limitant au mieux l'intensité de son stress est le chemin à suivre. Le cheval sera amené au plus près des cochons sans lui provoquer un stress trop important, jusqu'à ce qu'il s'habitue à leur présence et retrouve son calme. Pendant ce temps, encourager, caresser le cheval, lui apporter un renforcement positif en présence des cochons et surtout, soi-même, garder son calme et faire des respirations par le ventre pour rester centré ! Amener un cheval qui n'a pas peur est une aide supplémentaire non négligeable à ce niveau de l'apprentissage.

 

 

 

Conclusion

 

 

"Avec les chevaux, de la douceur est-ce que cela en vaut la peine? ... Oui toujours!"

N. Oliveira

 

Roxane Jaccard - Tous droits réservés - 2006

 

 

 

Le stress porté à son paroxysme chez le cheval - Les conséquences

L’attitude qui consiste à utiliser un renforcement négatif équivaut à lobotomiser le programme naturel de défense chez le cheval => Inhibition de l’action cohérente = actions incohérentes = pathologies adaptatives(tics, cheval se jetant contre les barrières, etc...)

 

Exemple de renforcement négatif :


Bloquer la réaction (on pose la selle, on la fixe, on met le cheval en réaction jusqu’à ce qu’il "cède" = inhibition conditionnée, inhibition afférente (pathologie car suppression d’un programme (fonction comportementale finalisée).

On reste dans "le haut du tableau de tension". Tant que l’on focalise sur la suppression de la réaction on ampute les programmes comportementaux = syndrome de Klüver-Bucy (équivalent chimique d’une lobotomie partielle du lobe temporal)

 

La situation de stress mobilise l’axe HHA (hypothalamus / hypophyse / amydo-temporal). Il correspond à une "montée en puissance" de la production d’hydrocorticoïdes. La solution terminale d’évacuation du stress est la fuite.

(propos repris du rapport de l'éthologue Jean-Claude Barrey)

 

Exemple d’habituation :


Supprimer la sensation (habituation, augmentation progressif du seuil de tolérance) = répétition d’un stimulus bas non-déclencheur de la réaction, augmentation progressive du stimulus, toujours sous le seuil de la réactivité = augmentation de la tolérance.


"Faites du cheval un compagnon et non un esclave, vous verrez quel ami extraordinaire il est."

 

Forum Etho-logique

 

 

 

Lectures en relation avec l'éthologie,

mes recommandations :

 

De Marthe Kiley-Worthingthon

  • Le comportement des chevaux
  • Le Bien-être des chevaux
  • Equine Education (en anglais)
  • Son site !

 

De Henry Blake

  • Je parle aux chevaux… Ils me répondent
  • Ma vie auprès des chevaux
  • Penser cheval

De Danièle Gossin

  • Ethologie, l'équitation naturelle et ludique

 

De Véronique de St-Vaulry

 

Ray Hunt

  • L'homme et le cheval en harmonie

(c'est lui qui a été l'inspiration des chuchoteurs d'aujourd'hui)