|
Stage avec Marthe Kiley-Worthington des 27 et 28 mai 06
Compte rendu
Apprentissage
- suite
Marthe utilise principalement la voix et
des mots pour éduquer et dresser ses chevaux. Elle
fait donc appel à l'intelligence du cheval et a sa
capacité d'associer des mots à des actions.
Outre les mots employés, la voix est
un outil précieux et puissant : elle peut être
utilisée autant pour calmer, guider et rassurer
un cheval que pour le gronder ou l’impressionner.
La voix est une aide précieuse mais elle a aussi l'inconvénient
d'exprimer l'état émotionnel du moment. Il est
donc impératif lorsqu'on utilise sa voix d'être
maitre de ses propores émotions sous
peine de les transmettre à son cheval ! Il faut donc
apprendre à l’employer à bon escient,
sur un ton neutre et serein sous peine d'être décodé
par le cheval et lui laisser entrevoir le doute, la peur,
le manque d'assurance, l'insécurité, ou la colère.
Le ton de la voix doit être cohérent avec notre
gestuelle et en accord avec notre propre paix intérieure.
Marthe éduque ses chevaux à
voix, par la compréhension d'un vocabulaire. Tous les
chevaux peuvent facilement apprendre et comprendre la signification
d'un certain nombre de mots, la simplicité et la constance
étant de mise !
* * * * * * * * * * * * * * *
Marthe
encourage à faire preuve d’anthropomorphisme
conditionnée pour vous aider à desamorcer
des situations difficiles « comment
aurai-je réagi, moi, face à telle situation
».
L'anthropomorphisme
-
c’est reconnaître les similitudes
entre l’espèce animale et l’humaine. On
reconnaît que le cheval et l'homme sont des mammifères
et ont donc des points communs ( besoins sociaux, physiques,
intellectuels et émotionnels). Le premier pas lorsqu’on
essaye de comprendre les comportement d’autrui est d’en
accepter les similitudes, d’où l’anthropomorphisme.
Toutefois, les équins et les humains ont tout de même
des différences, les chevaux ne sont pas des êtres
humains, d’où le terme « conditionné».
****************************
L’éducation et le dressage des
chevaux en passant par le renforcement positif est bien plus
efficace et rapide que par la sanction et le renforcement
négatif. Le cheval prend plaisir à travailler
de cette façon là, il est attentif et apprend
vite.
Selon Marthe, les clés du succès pour travailler
avec les chevaux sont :
S
Simplicité - êre simple, que
ce soit en geste ou en parole
T Temps
- laisser du TEMPS au cheval pour comprendre, il y en a des
rapides, d’autres lent, il faut respecter la capacité
de compréhension de chacun et s’adapter de cas
en cas, on ne demande donc pas plus fort !
A Attention
.- Il faut que le cheval soit attentif à nous, comme
nous à lui !
R Renforcement
positif - l'apprentissage est plus rapide avec une
récompense !
C Constance
- patience et constance sont clées de succès
A Avancer-
différencier les exercices
P Parler
- utiliser la voix, bien sûre, la plus douce
de toutes les aides !
A cela s’ajoute 3 clés
fondamentales pour le cavalier : l’équilibre,
le rythme et la relaxation.
Le cavalier doit savoir à tout moment
où se trouvent les 4 pieds du cheval pour savoir quand
agir et à bon escient. Il doit connaître le rythme
des allures et s’adapter en conséquence et doit
être en équilibre pour ne pas perturber le cheval
dans son travail. Enfin, il doit être assez relaxé
pour ne pas faire subir au cheval ses propres crispations
et tensions.
Avec ces 3 clés, le cheval est capable
de vous donner tout ce que vous attendrez de lui. Alors avant
de « pester » contre votre cheval, assurez vous
donc d’être en phase avec ces principes !
Gestion de
la peur chez le cheval
Une sanction du cavalier à ce moment
là entraine automatiquement un renforcement
négatif dans la peur. Il ne faut donc JAMAIS
punir un cheval qui a peur mais procéder par étape
d'accoutumance et apprentissage progressif.
Starsky
a une peur bleue des cochons. Sa propriétaire nous
explique qu'il a également eu une expérience
négative et douloureuse en présence de cochons...
son cavalier voulant absolument le faire passer par la force,
mêlant colère, frustration et cravache... sa
peur a donc été renforcée.
Est-ce vraiment la peur des cochons ou l'association
de la violence qui lui fait le plus peur ? L'habituation
progressive, en limitant au mieux l'intensité
de son stress est le chemin à suivre. Le cheval sera
amené au plus près des cochons sans lui provoquer
un stress trop important, jusqu'à ce qu'il s'habitue
à leur présence et retrouve son calme. Pendant
ce temps, encourager, caresser le cheval, lui apporter un
renforcement positif en présence des cochons et surtout,
soi-même, garder son calme et faire des respirations
par le ventre pour rester centré ! Amener
un cheval qui n'a pas peur est une aide supplémentaire
non négligeable à ce niveau de l'apprentissage.

 
Conclusion

"Avec les chevaux, de la douceur est-ce que cela en
vaut la peine? ... Oui toujours!"
N. Oliveira

Roxane Jaccard - Tous droits réservés
- 2006
|
Le stress porté à son paroxysme chez le cheval
- Les conséquences
L’attitude qui consiste à utiliser
un renforcement négatif équivaut à lobotomiser
le programme naturel de défense chez le cheval =>
Inhibition de l’action
cohérente = actions
incohérentes = pathologies
adaptatives(tics, cheval se jetant contre les barrières,
etc...)
Exemple de renforcement négatif
:
Bloquer la réaction (on pose la selle, on la fixe,
on met le cheval en réaction jusqu’à ce
qu’il "cède" = inhibition
conditionnée, inhibition afférente
(pathologie car suppression d’un programme (fonction
comportementale finalisée).
On reste dans "le haut du tableau de tension".
Tant que l’on focalise sur la suppression de la réaction
on ampute les programmes comportementaux = syndrome de Klüver-Bucy
(équivalent chimique d’une lobotomie partielle
du lobe temporal)
La situation de stress mobilise
l’axe HHA (hypothalamus / hypophyse
/ amydo-temporal). Il correspond à une "montée
en puissance" de la production d’hydrocorticoïdes.
La solution terminale d’évacuation du stress
est la fuite.
(propos
repris du rapport de l'éthologue Jean-Claude Barrey)
Exemple d’habituation :
Supprimer la sensation (habituation, augmentation progressif
du seuil de tolérance) = répétition
d’un stimulus bas non-déclencheur de la réaction,
augmentation progressive du stimulus, toujours sous le seuil
de la réactivité = augmentation
de la tolérance.
"Faites du cheval un compagnon et non un esclave, vous
verrez quel ami extraordinaire il est."
Forum
Etho-logique

Lectures en
relation avec l'éthologie,
mes recommandations
:
De Marthe Kiley-Worthingthon
- Le comportement des chevaux
- Le Bien-être des chevaux
- Equine Education (en anglais)
- Son
site !
De Henry Blake
- Je parle aux chevaux… Ils me répondent
- Ma vie auprès des chevaux
- Penser cheval
De Danièle Gossin
- Ethologie, l'équitation naturelle et ludique
De Véronique de St-Vaulry
Ray Hunt
- L'homme et le cheval en harmonie
(c'est lui qui a été l'inspiration
des chuchoteurs d'aujourd'hui)
 |