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Stage avec Marthe Kiley-Worthington des 27 et 28 mai 06
Compte rendu - Suite
Culture chevaline
Les chevaux qui ont eu la chance de grandir
dans de grands espaces au sein et à l’abri d’un
troupeau acquièrent naturellement les connaissances
nécessaires pour reconnaître les plantes toxiques
et ne les mangeront pas. Etant donné que ces conditions
sont rarement réunies, c’est donc à l’homme
d'en prendre la responsabilité et d'apprendre à
reconnaître les plantes pour son cheval !
En effet, un cheval qui a faim pourrait être
poussé à manger une plante toxique, d'autant
plus s'il elle est inconnue. Nous avons fait le test à
l'écurie, mais celui-ci aurait du être fait avec
la plante au sol plutôt que venant de la main de l'homme
étant donné que les chevaux sont de nos jours
habitués à "avaler les yeux fermés"
!
 
On n’en parle pas souvent, mais les
chevaux ont des besoins sexuels comme tout être vivant
!
Pour assurer une vie agréable à
toutes ses juments, Marthe a opté pour la contraception
hormonale (encore expérimentale, elle n'est pas fiable
à 100%).
Il existe aussi la possibilité d'effectuer
une « vasectomie » pour les entiers également.
Ainsi ils peuvent assouvir leurs besoins sans engendrer de
progéniture.
Il faut savoir que les juments qui montrent
des signes d'intérêt aux mâles ne sont
pas forcément en chaleur… !
Selon Marthe, amener une jument à
l’étalon et l’entraver pour la saillie,
sans lui donner la possibilté de faire connaissance
avant s’appartente purement et simplement à un
viol ! Il est donc nettement préférable de la
faire inséminer artificiellement que lui faire subir
ce traitement indigne. L’idéal étant d’amener
la jument à l’étalon pendant quelques
jours et laisser faire les choses à leur rythme.
Se sont les juments qui choisissent le mâle
et le moment de la saillie. Un mâle qui a eu la chance
de grandir dans un troupeau aura appri les "bonnes manières"
et sera sociabilisé. Il aura appris à reconnaître
les signes comportementaux des juments lorsqu’elles
sont réceptives et, lorsqu’elles ne le sont pas.
C’est donc la vie en troupeau et l’expérience
sociale qui vont lui inculquer les comportements adéquats
dans chaque situation. Il ne sautera pas sur la jument pour
la saillir sans préambule mais la courtisera dans les
règles de l'art équin s'il veut avoir la chance
de se reproduire ! Il prendra le temps qu’il faut pour
que la jument l’accepte.
Si par malchance la jument refuse l’étalon,
il sera nettement préférable d'opter pour l’insémination
artificielle. Entraver la jument et lui imposer un mâle
de force est une expérience des plus traumatisantes
et totalement irrespectueuse.
Relations homme-cheval
Il est maintenant entré dans les mœurs
de voir le cheval en tant que proie et l’homme en prédateur
ce qui n’est pas tout à fait exact. Le cheval
est une proie effectivement mais son état ne se résume
pas à être une proie uniquement.
Quant à l’homme, celui-ci fait
un bien piètre prédateur ! L’homme est
plus cueilleur que chasseur et le cheval avant tout un animal
grégaire, social, qui préférera la fuite
à l’affrontement devant tout danger potentiel,
sauf s’il se sent acculé et qu’il n’a
pas le choix.
Pour le cheval, l'homme peut être perçu
de 3 manières différentes :
1. un objet
neutre
2. un danger
3. un partenaire social
Il ne tient donc qu'à l'homme d'accéder au statut
de partenaire en privilégiant certains statuts.
En tant que partenaire, nous accédons
à la "panoplie" de statuts existants dans
un troupeau *(cf encadré à
droite) : compagnon, parent, jument, poulain, dominant,
adulte, leader, étalon, etc... En fonction de notre
façon de fonctionner dans la relation avec le cheval,
il nous "classe". Il est donc nettement préférable
d’être perçu en tant que leader
ou compagnon neutre plutôt qu’en dominant …
Le cheval respecte autant un compagnon ou un leader, les liens
affectifs en plus et fuit le dominant
dont il n'apprécie généralement pas la
compagnie.
Etant donné
les conditions de vie imposées aux chevaux (limitation
du territoire, accès à la nourriture controlée,
promiscuité des congénéraires), l'homme
devrait être perçu en tant que partenaire
social - leader par la pertinence de ses actions, suscitant
l'intérêt auprès de son compagnon cheval
- pouvant accéder priotairement aux biens sans provoquer
la crainte, sachant se montrer persuasif ponctuellement sans
être agressif.
Ainsi se crée une véritable
relation amicale homme/cheval, clé
d’une relation riche et motivante pour sa monture.
Bien évidemment, tout comportement
néfaste ou dangereux ne sera pas toléré
de la part du cheval, par un avertissement bruyant vocal en
associant plus ou moins le geste lui demandant l’évitement.
En cas de non-respect de ces avertissements, si le cheval
est « touché », celui-ci l’acceptera
dans l’ordre des choses.
Le cheval qui domine fait bouger l’autre
mais cela ne veut pas dire pour autant qu’il en sera
apprécié. Dans un troupeau, chacun sait ce que
l’autre fait, ou il se trouve, et ce qu’il veut.
Les conflits sont très rares et sont
dû la plupart du temps à la promiscuité
des lieu, le cheval recherchant
avant tout le calme et la paix.
Le cheval n’aime pas forcément
les contacts physiques et en a assez peu avec ses congénaires,
à l'exception des séances de gratouillage. Avec
les hommes, il a appris à tolérer ces marques
d’affection, mais ces contacts entre eux sont rares.
Le cheval montre son affection en restant
à proximité de ceux qu'il apprécie. Vouloir
créer des liens amicaux avec un cheval qu'on est sans
cesse en train de soumettre/dominer est donc contradictoire,
mieux vaut passer simplement du tempsavec, vous rendre agréable
et amical à son insu et lui occuper l'esprit en utilisant
sa curiosité pour combler ses besoins cognitifs. Pour
développer son intérêt envers vous, sachez
faire appel à son inteligence et rendez vous intéressant
en faisant appel à son envie d'apprendre. Soyez
original et créatif !
Apprentissage
Le cheval est tout comme l’homme un
mammifère évolué, capable de réflexion
et dont les capacités d’apprentissage sont énormes.
Le cheval travaille par association pour favoriser un apprentissage
rapide et motivant, le renforcement positif (action qui récompense
l’action juste donnée par le cheval) est largement
utilisé par Marthe ans l'éducation et le dressage
de ses chevaux.
Il ne s'agit pas de le gaver de friandise
mais de récompenser au moment ou le cheval est dans
le juste. Pour ce faire, il est important de laisser le temps
au cheval, en lui laissant le temps de réflexion dans
un environnement calme, et en associant un mot à l’action
recherchée. Il peut s’agir de hasard au début,
lorsque le cheval esquissera un pas ou un début de
réponse juste, peu importe, il faut savoir le reconnaître
et tout de suite récompenser abondamment avec la voix,
une friandise ou une caresse. Cette façon de faire
prend plus de temps et demande de la patience et de la concentration
de la part du cavalier, mais elle apporte alors l’attention
du cheval et sa motivation au fur et à mesure de l’apprentissage.
Il faut veiller à être constant et simple dans
ses demandes.
Le stress
Tout comme chez l'homme, le stress est néfaste
pour la santé, bien que ponctuellement, il apporte
un coup d'accélérateur à l'organisme
dans certaines situations, un état de stress prolongé
est à éviter.
L’état de stress d’un
cheval peut se mesurer selon son rythme cardiaque.
Au
repos il est de 38-40 battements par minute.
Marthe conseille à tout cavalier d’avoir
un stétoscope, outil précieux qui permet non
seulement d’évaluer un état de stress
mais aussi l’état de santé général
(une boiterie se répercute sur le système cardiaque,
tout comme une colique).
Un état de stress aiguë peu atteindre
les 220 pulses ! Stade atteind dans le join-up… A ce
niveau on atteint la catalepsie : absence d’activité,
de réactivité, de sensibilité => le
cheval est shooté par ses propres endorphines. Ceci
peut se produire en quelques minutes.
L’équitation ne peut se pratiquer
qu’en champ détendu sinon le cheval ne travaille
plus pour le cavalier mais pour sa sauvegarde personnelle
(défenses).
Suite

"Avec les chevaux, de la douceur est-ce que cela en
vaut la peine? ... Oui toujours!"
N. Oliveira

Roxane Jaccard - Tous droits réservés
- 2006
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