|
Stage avec Marthe Kiley-Worthington des 27 et 28 mai 06
Compte rendu par Roxane Jaccard 
Les 27 et 28 mai, Cugy a accueilli la célèbre
éthologue Marthe Kiley-Wortington pour un stage pas
comme les autres !
J’ai donc le plaisir de vous faire
partager quelques thèmes pertinents abordés,
bien qu'il soit impossible de les détailler tous. Il
s'agit avant tout d'un survol dont le but et de vous donner
envie d'approfondir le sujet.
17 stagiaires ont répondu présent
ces 2 jours ; de la cavalière de compétition
CSO et dressage, des professionnelles de la monte western
(merci à elles de garder l’esprit ouvert et l’intérêt
d’en apprendre davantage), en passant pas des artistes
du monde équestre et du cavalier de loisirs, ou encore
quelques non cavalier ni propriétaire, mais tous rassemblés
pour une et même cause : améliorer nos relations
avec le cheval par une meilleure compréhension de sa
nature et de ses besoins.
Qu’il s’agisse de détention
du cheval ou de son entraînement, le cheval subi en
silence les maladresses des hommes et leur manque de connaissances.
Il n’y a rien de nouveau dans ce qui va suivre (je l’espère),
et peut-être qu’à force de le répéter,
le monde équestre va petit à petit changer pour
aller dans ce sens là, car l’homme a les moyens
de remplir aux mieux toutes ces conditions, mais aujourd’hui
encore, les écuries sont construites pour améliorer
le confort des hommes, et ne répond pas aux besoins
les plus fondamentaux du cheval.
La 1ère journée était
riche en théorie avec appui vidéo sur l’éthologie
du cheval (science de l'observation du comportement), commenté
en direct par Marthe.
Un poulain et sa mère, un petit troupeau
de jument et hongre, puis entrée en scène d’Oryx,
l’étalon noir, un croisé frison/arabe.
Les comportements s’enchaînent, les chevaux «
Passage », c’est magnifique, passionnant. Plongé
au cœur du troupeau, nous avons l’impression de
partager un peu de leur vie, mi-sauvage et tellement cheval.
Le cheval libre est la plus belle expression du cheval, il
n'y a pas de doute, c'est bien l'homme qui a besoin du cheval
et non le contraire !
Puis l’étalon noir est rentré
au profil de l’autre étalon, l’attitude
est alors différente dans la harde, l’étalon
se fait rejeter par la jument, puis l’intérêt
devient grandissant. C’est la jument qui mène
la danse et décide quand, où et comment.
Marthe attire alors notre attention sur un
des besoins fondamental du cheval : le mouvement. Rien de
nouveau à ça, tout le monde sait, et pourtant,
encore rare sont les stabulations libres.
La détention en boxe est donc tout
à fait contraire à ses besoins et une mise au
parc quotidienne de plusieurs heures par jour est un minimum
pour cet animal qui parcourt plusieurs dizaines de kilomètres
à l’état libre.

Si le cheval vit en box, il faut le privilégier
avec vue extérieure plutôt quand dans un endroit
fermé. Le cheval se sent plus en sécurité
s’il peut voir loin et s’il reste de longues heures
dedans, la distraction extérieure comblera en partie
son ennui.
Les chevaux sur copeaux sont un non sens.
Pour ceux-ci, il est d’autant plus important de leur
fournir une distraction visuelle si elle
ne peut être alimentaire. Les chevaux dit « allergiques
» le sont à la poussière la plupart du
temps, et non à la paille. Il est nécessaire
qu’ils puissent se toucher avec ses congénères
à travers les portes de boxes. Les box/prisons avec
barreau, là ou le cheval ne peut même pas sortir
la tête sont à bannir…
Le cheval a besoin de manger en continuité,
plusieurs heures par jour. Il ne peut manger de grosse quantité
à la fois car il a un petit estomac (14 litres). Il
est donc néfaste pour le cheval d’engloutir son
grain rapidement et n’avoir plus rien d’autre
pendant le reste du temps.

Ses besoins de mastication sont importants
: un déficit peut entraîner tic à l’air
ainsi que baisse immunitaire (ndlr pas étonnant si
l’on sait qu’une grosse partie de l’immunité
est produite dans l’intestin, il est évident
qu'il y ait une corrélation avec un mauvais état
de l’intestin et/ou un manque de stimulation).
Pour les chevaux « goinfres » qui mangent toute
leur litière, on peut mettre à leur disposition
un filet à foin/paille avec mailles serrées
pour empêcher sa gloutonnerie et limiter la prise de
poids.
A propos de la litière, Marthe a adopté
la technique de la litière à étage !
Après la première couche épaisse de paille,
on enlève les salissures et le crottin et on complète
avec de la paille fraîche, pendant plusieurs jours,
voire semaines avant évacuation totale… le but
étant d’avoir une litière épaisse,
bien drainée et confortable. Il ne s’agit pas
de s’asphyxier à l’ammoniaque, une bonne
ventilation est donc nécessaire et si le travail est
bien fait, il n’y a pas d’odeur ni de pourrissement
de fourchette. La litière en surface est sèche.
Avantage : économique et confortable.
Cela fait 25 ans que cette technique lui
donne satisfaction. Si on préfère faire le ménage
complet tous les jours, soit, mais il faut veiller à
ce qu’il y aie de la paille en suffisance, ce qui n’est
souvent pas le cas selon elle.
Sociabilisation
chez le jeune cheval
Il est important pour le cheval, dès
son plus jeune âge, d’être mis en contact
avec un troupeau au complet, et pas uniquement avec des poulains.
Ainsi, la culture chevaline peut se transmettre de mère,
tante, et d’individu à individu. Qu’il
s’agisse de langage équin, de comportement hiérarchique
ou encore de connaissances des plantes comestibles ou non,
le jeune poulain aura les meilleures chances de se développer
harmonieusement sur tous les plans au sein d’une structure
complète faite de sa mère, de jeunes et d’autres
adultes (jument, hongre voir même entier).
Suite

"Avec les chevaux, de la douceur est-ce que cela en
vaut la peine? ... Oui toujours!"
N. Oliveira

Roxane Jaccard - Tous droits réservés
- 2006
|
Nuno Oliveira
"Après trente ans sur le
dos d'innombrables chevaux, je demande aux cavaliers qui me
lisent et qui dressent leurs chevaux de regarder leur monture
lorsqu'ils mettent pied-à-terre après une séance
de travail, de contempler son oeil et de faire un examen de
conscience pour se demander s'ils ont bien agi envers cet
extraordinaire être vivant, ce compagnon adorable: le
cheval.
On a tendance, de nos jours, à oublier que l'équitation
est un art. Or, l'art n'existe pas sans amour.
Mais celui qui n'a pas la discipline nécessaire et
qui ne possède pas la technique ne peut prétendre
à l'art. L'art, c'est
la sublimation de la technique par l'amour.
L'amour, afin qu'après la mort du cheval, vous ayez
gardé en votre coeur le souvenir de cette entente,
de ces sensations qui ont quand même élevé
votre esprit au-dessus des misères d'une vie humaine."
- "Il y a deux choses en équitation : la technique
et l'âme."
- "L'art équestre commence par la perfection
des choses simples"
"Faites du cheval un compagnon et non un esclave, vous
verrez quel ami extraordinaire il est."
Forum
Etho-logique

Lectures en
relation avec l'éthologie,
mes recommandations
:
De Marthe Kiley-Worthingthon
- Le comportement des chevaux
- Le Bien-être des chevaux
- Equine Education (en anglais)
- Son
site !
De Henry Blake
- Je parle aux chevaux… Ils me répondent
- Ma vie auprès des chevaux
- Penser cheval
De Danièle Gossin
- Ethologie, l'équitation naturelle et ludique
De Véronique de St-Vaulry
Ray Hunt
- L'homme et le cheval en harmonie
(c'est lui qui a été l'inspiration
des chuchoteurs d'aujourd'hui)
 |